Après de nombreuses discussions, un consensus entre Conservateurs et acteurs du marché de l’art a considéré que l’art contemporain débutait dans les années 1960 avec une nouvelle définition du « Beau ».

Ce mouvement né dans les années 1960, est appelé Art Conceptuel, il prône que l’idée prime sur la réalisation. C’est l’idée qui a de la valeur et non sa réalisation. C’est la condamnation de l’art à ne plus être mais à évoquer. Yves Klein en est l’une des illustrations par la sensibilité picturale immatérielle qui se dégage de son Œuvre. L’art conceptuel c’est l’idée de l’art. Mouvement qui est apparu dans les années 60, mais qui remonte aux Ready-Made de Marcel Duchamp. L’art est défini non plus par les propriétés esthétiques des œuvres mais par son concept.

Joseph Kosuth est l’auteur de l’article « l’Art après la Philosophie », en 1969, il est l’artiste américain chef de l’art conceptuel dès 1965. Il considère que la philosophie s’est arrêtée à la fin du XIXe siècle car elle n’a plus rien à dire. La philosophie rejette le non-dit, c’est la raison pour laquelle l’homme de science ne croît plus en la philosophie. La fin de la philosophie, au début du XXe siècle est contemporaine d’un nouvel art lorsque Marcel Duchamp présente ses premiers ready-made. C’est le point de départ de l’art conceptuel. Tout l’art après Marcel Duchamp est conceptuel. Pour Kosuth, il n’y a pas d’art avant le début de l’art conceptuel et l’art conceptuel prend la relève de la philosophie en se mettant à l’écart de la philosophie. Tout l’art avant Marcel Duchamp relève de l’esthétique et du formalisme dont  les critères sont le beau, le goût, la fonction décorative. Pour cette nouvelle conception, n’importe quel objet peut devenir art –  à  partir du moment où il se place dans un contexte de l’art. Mais alors, il faut être informé du concept pour comprendre le but.

La principale foire d’art contemporain dans le monde est située à Bâle. Elle constitue un enjeu majeur, tant pour les grandes galeries qui peuvent y accéder que pour les différents pays. Elle a été la première au monde a consacrer des expositions à des pays invités, à offrir des conditions avantageuses à de jeunes artistes et à des One-Man-Shows et à créer des plates-formes indépendantes pour la photographie, l’édition,  la sculpture monumentale, la vidéo et l’art sur internet et à ouvrir des plate-formes expérimentales intitulées « Art Unlimited ». Elle est mondialement reconnue pour la sévérité des sélections et pour la qualité des exposants qui y sont admis. Les plus grandes galeries du monde y sont présentes.

A Paris, la FIAC est la grande foire d’art contemporain française. Malheureusement, les plus grandes galeries présentes à Bâle y sont rarement représentées.

Les biennales d’art contemporain sont très différentes de celles des foires car, en considérant la nationalité des pays participants les artistes sont présentés dans le cadre de pavillons nationaux.

Par ailleurs, le marché reste pour sa part contrôlé par les seuls occidentaux et profite essentiellement aux artistes appartenant à cet espace. Les enjeux entre foire et biennale sont donc fondamentalement différents.

Les États-Unis sont le centre du monde de l’art contemporain.

C’est surtout New York qui occupe une place centrale dans le domaine de l’art contemporain. Aussi bien pour la présentation d’artistes que pour le marché de l’art mais aussi pour la reconnaissance des artistes.

Les institutions new-yorkaises sont nombreuses, il convient de citer le PS1, Contemporary Art Center, créé en 1976 et souvent considéré comme le plus important centre contemporain du monde. Il s’est d’ailleurs allié au Moma au début des années 2000. Des Musées à grande notoriété comme le Guggenheim avec son annexe de Soho jouent un rôle de consécration plus que de découvertes…

La foire d’art contemporain pour les États-Unis est celle de Chicago. Une foire est également montante à New York, l’Armory Show et celle de Miami complète le podium des foires importantes.

(rapport Moulin 2000)

Chine : Le marché de l’art contemporain s’est éveillé !

Le marché de l’art chinois se porte bien d’autant que la puissance économique de ce pays est grandissante. Le gouvernement chinois a su se servir habilement de la création contemporaine pour construire une bonne image de la Chine. N’étant pas spécialiste dans ce domaine, les institutionnels ont eu l’intelligence de se rapprocher du secteur privé professionnel dans le milieu de l’art.

Hong Kong devient l’une des plus importantes plaques tournantes mondiale. Nous sommes déjà à la 6e édition d’Art Basel Hong Kong. Les ventes aux enchères multiplient les records, les artistes chinois arrivent dans le peloton de tête d’Art Price : Chen Yifei, Zhang Xiao Gang et Zeng Fanzhi.

Le développement considérable de la création artistique et des espaces d’expositions font apparaître des segments différents dès lors qu’on pense expositions ou marché de l’art. Certains pays ont un rôle majeur pour les expositions et d’autres contrôlent largement le marché.

Concernant les expositions, l’Europe joue un rôle central (Bâle, Venise) mais aussi avec ses musées d’art contemporain (Centre Georges Pompidou à Paris, Tate Modern à Londres) bien que dans ce domaine les États-Unis disposent de réels atouts (Moma New York).

Concernant le marché, la concentration est extrême, les États-Unis l’emportent très largement devant la Chine, la Grande Bretagne, la Suisse, l’Italie et la France.

On peut se poser la question du lien qu’il pourrait y avoir entre la création artistique contemporaine et la puissance d’expansion économique d’un pays, observée à travers ces exportations de biens et de services de toutes natures. Il est en effet possible de soutenir que quelque soit le critère économique pris en compte, la dimension économique joue un rôle non négligeable dans l’affirmation des états aux plans artistiques. Cependant tous les pays riches ne sont pas forcément enclin à jouer un rôle leader sur la scène de l’art contemporain international, un exemple : le Japon.

En effet, dans ce processus intervient le fonctionnement même du monde de l’art qui contribue fortement a établir la hiérarchie entre pays.

Le marché de l’art contemporain est soumis au règne de l’incertitude, surtout durant les premières années qui suivent la production des œuvres et au début de la carrière des artistes. Les valeurs s’instaurent selon un double mode : le marché révèle les préférences du moment, le monde institutionnel de l’art essentiellement composé des musées et autres lieux d’expositions et les biennales élaborent les classements qui vont distinguer les artistes dignes d’intentions. La valorisation financière et la certification de la valeur esthétique prennent appui l’une sur l’autre.

Marc-Arthur Kohn

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