Le sort incertain de tant de ventes de prestige fut suspendu au marteau de ce commissaire-priseur hors-norme ! Plusieurs autres auront lieu ces prochaines semaines à Paris. Elles seront dirigées par le célèbre Marc-Arthur Kohn, commissaire priseur détenteur de sa propre maison depuis près d’un demi-siècle…

Depuis 1974 et une carrière de conservateur évité de justesse après l’Ecole du Louvre dont il sort major, Marc-Arthur Kohn, est condamné à réussir dans une carrière moins académique mais tout aussi exceptionnelle !

L’occasion de se remémorer la progression brillante de cet expert des arts du XVIIème et XVIIIème siècles. Passionné par de nombreux sujets, allant des arts traditionnels aux peintures contemporaines, ce commissaire-priseur est aujourd’hui réputé pour sa connaissance des peintres et artistes impressionnistes, qui lui vaut notamment de collaborer avec le musée de Versailles. Il se distingue également par son expertise pointue des œuvres de l’autodidacte de génie : Maurice Utrillo. Il est en effet l’un des 5 membres permanents du comité chargé d’évaluer et répertorier les œuvres non encore référencées de cet artiste du début du XXème siècle, particulièrement reconnu pour ses peintures très réalistes de Montmartre. 

Grâce à son travail fourni et à son expérience incomparable, Marc-Arthur Kohn participe aujourd’hui à entretenir un maillage d’experts loin des grosses sociétés telles que Sotheby’s, Christies ou Arcurial. Ce réseau est un élément essentiel pour conserver un réel savoir-faire français et assurer la protection des vendeurs et acheteurs d’art contre la contrefaçon et la vente de fausses œuvres. 
Cette mission est d’autant plus importante à l’ère de la révolution numérique, qui démultiplie les possibilités d’échange et, ainsi de vente de produits non authentiques ou falsifiés. Si Marc Arthur Kohn utilise lui aussi les solutions incroyables offertes par internet pour réaliser certaines ventes, il préfère, et de loin, l’ambiance feutrée et électrique des salles de vente. 

En effet, cet homme issu d’un couple d’amateurs d’art, né en 1946 à Paris, est très vite passionné par ce domaine, guidé notamment par sa mère, qui lui raconte les histoires se cachant derrière de fameuses œuvres d’art, comme La Condamnation de Saint Denis de Carle Vanloo ou Saint Joseph Écrivant, du Caravage. D’abord attiré par la carrière de conservateur en musée, il rejoint à ses 18 ans l’illustre École du Louvre pour un cursus de 3 ans en muséologie. Renonçant à suivre en parallèle les enseignements de l’école des Chartes, il est débauché dès les années 1968 pour le service militaire, où il excelle rapidement. Décrochant 2 fois le record du parcours du combattant, il gagne rapidement la confiance de sa hiérarchie, ce qui lui permet de partir rapidement en collaboration avec le département des Affaires étrangère. Grâce à celle-ci, il est dépêché en Éthiopie, à Addis-Abeba pour enseigner le français. Cette expérience hors norme sera stoppée précocement par des déboires survenus sur le plan de la santé : Marc-Arthur Kohn, ayant contracté le paludisme, se verra rapatrié in extremis en France pour une hospitalisation qui durera 9 mois. 

Cette mésaventure ne l’empêchera pas de passer ses examens au Louvre et de les réussir. Il sera sacré major de promo avant de débuter une thèse sur les peintres lyonnais du XIXe siècle. Son travail brillant est encensé par ses deux maîtres de thèse, l’ancien directeur du Louvre Michel Laclotte et Maurice Sévillaz, ancien inspecteur général des musées et créé la stupeur lors de la soutenance, lorsque Marc-Arthur Kohn reconnaît que la plupart de ses travaux sont biaisés car ils ne tiennent pas compte du type de mine utilisé pour évaluer les œuvres. Il sera ensuite majoritairement utilisé par la suite et entraînera la révision du mode d’évaluation de ces œuvres : l’examen du type de mine est aujourd’hui encore régulièrement utilisé pour authentifier certaines œuvres d’art.

Passionné, Marc Arthur Kohn le reste, mais se fait débaucher lors de sa dernière année de thèse par une commissaire-priseur reconnue de Lyon pour l’assister dans certaines ventes. 
Son travail paie encore une fois, et il est rapidement sollicité en 1973 par la Chancellerie de l’Ain pour administrer de manière provisoire une petite étude qui périclite à Bourg en Bresse. En 2 ans, il est nommé administrateur définitif de celle-ci et s’éloigne ainsi officiellement de la carrière de conservateur qu’il ambitionnait. 
Marc-Arthur Kohn restera 20 ans à la tête de cette étude, la remettra entièrement à flot et la rendra célèbre, avant d’être ensuite sollicité par la Chancellerie de Paris et la Compagnie de Paris pour reprendre une autre étude dans la capitale. 

Ne pouvant administrer deux études à la fois, Marc Arthur Kohn revend son affaire à Bourg en Bresse et déménage en 1994 sur l’Avenue Matignon. Cette évolution finit d’asseoir sa renommée et lui permet de travailler avec les plus grands musées parisiens. 

Il est difficile de résumer Marc Arthur Kohn en quelques mots seulement. Les plus grands noms du domaine des Arts lui reconnaissent un vrai amour du « Made in France culturel » et son patronyme est réputé dans le monde entier pour sa connaissance de l’art européen de manière globale. 


Il laisse derrière lui des centaines de catalogues, traitant de sujets variés, allant de l’archéologie méditerranéenne à l’art amérindien, en passant par les arts islamiques ou la maison Borghese. La beauté de ces catalogues est reconnue dans le monde entier par ses pairs et continue d’inspirer au delà des frontières. 

Son travail auprès du collectif pour le référencement des œuvres de Maurice Utrillo se retrouve dans le « Catalogue Raisonné de Maurice Utrillo », qu’il signe en tant que co-auteur. 

Son engagement se retrouve enfin dans la bonne santé de son étude à Paris, qui bénéficie de son dynamisme et de ses innovations. Convaincu de la nécessité de faire vivre les œuvres pour mieux les partager, Marc Arthur Kohn a en effet organisé de nombreux évènements pour initier un public trié sur le volet à la beauté des objets d’art. C’est ainsi qu’il invita la célèbre claveciniste Aline Ambricourt à venir offrir des récitals sur des pièces instrumentales datant respectivement du 17ème Et 18ème siècle, ou qu’il profita de l’organisation des journées européennes des métiers d’art en 2013 pour faire rencontrer des artisans renommés et des collectionneurs. 

Marc Arthur Kohn est enfin réputé pour certaines de ses ventes, comme la célèbre ronde des fillettes de Pablo Picasso, les vues de Collioures ou les pièces de mobilier de Bernard Van Riesen Burgh…

Nous le retrouvons donc avec plaisir lors de ces prochaines ventes, qui promettent d’être mémorables…


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